Mardi 13 septembre, 15 heures, rendez-vous à l’hôtel Castellane situé en plein centre : bonjour, les travaux !…, adieu la voiture !… ; la  construction de la 2ème ligne de métro qui dure depuis 3 ans et qui se
prolongera encore 2 ans rend la circulation impossible. Alain Biétry
assisté de Jacques Rouvel et Pierre Glere, nos régionaux de l’étape, ont toutefois bien organisé la visite de la ville en choisissant cette situation d’hôtel et en programmant des déplacements pédestres.
Sauf, bien sûr, pour se rendre dès l’après-midi à l’usine Airbus Clément Ader, un site de 370 hectares, eh couillon !, le plus grand site
aéronautique d’Europe avec plus de 10 000 employés (50 000 dans le monde).

 
Nathalie, le guide, comme le chantait Bécaud à Moscou, nous attendait et comme à Moscou (de l’époque), elle nous a fauché les cartes d’identité, les appareils photo, les portables, etc.

En car – of course – nous avons découvert les principales installations : les halls de fabrication des moyens courriers, la plate-forme de test des réacteurs, style blockhaus, le parking de préparation aux essais et aux livraisons, le monstre Béluga, le musée des ailes anciennes pour les nostalgiques ; mais le hall à ne pas manquer est le hall d’assemblage final des longs courriers gros porteurs A330/340 : 500 m de long, 240 m de large, 46 mètres de haut, soutenu par une charpente métallique extérieure (innovation qui élimine les piliers internes) de 7 200 tonnes soit 1,5 fois le poids de la tour Eiffel. Deux peintres acrobates assurent le relooking de cette charpente et, compte tenu du carnet de commandes de A340, leur plan de carrière est sans problème.
 

Perçage et rivetage sont les deux mamelles d’Airbus : c’est ce que nous découvrons, perchés sur une passerelle intérieure. Peu d’employés visibles, tous planqués dans les fuselages à appliquer la consigne, soit  50 000 rivets par avion !

D’autres chiffres qui peuvent donner une idée de la démesure du A340 :
-  Système électrique : 250 km de câble
-  110 tonnes de carburant
-  1,6 tonne de peinture
-  1 an pour sa fabrication complète dans les différents sites européens, mais une semaine pour son assemblage à Toulouse
¨ Coût : 140 à 200 M$ selon la finition.

Oui mais le cocorico c’est le A380 direz-vous ! Eh bien il faudra revenir, le site Lagardère ne se visite pas encore (Gisèle, prévoir le budget). Pour nous faire plaisir, notre chauffeur a fait un grand détour sur le chemin du retour pour s’en approcher. Sa queue (de l’avion) est tout ce que nous avons pu en apercevoir.

Mercredi 14, visite de Toulouse avec notre second guide Rosie, très couleur locale. Pourquoi « ville rose », parce que dans le vieux Toulouse, nombreux sont les monuments et les façades auxquels la brique confère cette couleur sans pareil, changeante au gré des heures et des saisons.

Point ou peu de pierre, extraite de carrières lointaines, coûteuse et donc réservée aux nobles, la brique avec quelques imitations pierre pour les bourgeois, le torchis et les colombages pour les paysans (toujours cette hiérarchie à trois niveaux, présente jusque dans le vocabulaire : le noble étanche sa soif, le bourgeois se désaltère, le paysan s’abreuve…..).

 

Basilique Saint-Sernin : la plus grande église romane du monde (eh couillon !) construite sur un plan en forme de croix latine, et la plus riche de France en reliques (eh c… !).

Édifiée au 11ème siècle sur le lieu de sépulture de Saint Saturnin (premier évêque évangélisateur de Toulouse, martyrisé en 250), étape des pèlerins sur la route de Saint Jacques de Compostelle, l’église était faite pour attirer les foules (et cela continue maintenant avec les retraités) d’où la nécessité de nefs et chapelles multiples.
Cet édifice est un bel héritage de la période comtale par ses chapiteaux, table d’autel et tympan.
A noter que le chœur est totalement barricadé : attention reliques !

Le Capitole : nous empruntons avec Rosie le parcours du taureau qui traîna St Saturnin, jusqu’à la place du Capitole : « The place » celle où les Toulousains viennent en masse célébrer les grandes fêtes ou les quelques rares victoires de leur club de rugby (n’est-ce pas, Alain ?). Marqué en son centre par la croix du Languedoc, ce vaste carré de près d’un hectare est ceinturé de façades de briques, style néoclassique. Celle du Capitole s’étend sur 130 m. Ses huit colonnes de marbre rose symbolisent les huit Capitouls qui dirigeaient la ville.
L’intérieur offre aussi d’autres trésors : la cour Henri IV et le portail renaissance coiffé de la statue du roi.
A l’étage, la longue salle des illustres en l’honneur des gloires toulousaines, la salle des mariages et la salle Henri Martin, toutes ornées de superbes compositions picturales du 19ème.

A propos des gloires toulousaines, Rosie rappelle avec malice le dicton : « Paris pour voir, Lyon pour avoir (des sous), Bordeaux pour dispendre, Toulouse pour apprendre ».

Un autre rappel : dans la cour, sur le sol, une plaque commémorative du Duc de Montmorency, mort noyé, emporté par une lame.
Le couvent des Jacobins : maison mère des frères prêcheurs et mendiants de St Dominique. Une vaste église du 12ème siècle divisée en deux nefs, l’une pour les prêcheurs, l’autre pour les pêcheurs et séparées par une rangée de sept colonnes supportant des voûtes étoilées.
L’une d’elles reçoit 22 nervures, ressemblant ainsi à un palmier géant.

La révolution amène son lot de désolations : lieu de réunion du club des Jacobins, puis écuries, aujourd’hui musée avec ce qu’il en reste.
Les hôtels particuliers, l’âge d’or du pastel : au 15ème siècle, le pastel cultivé localement supplante l’indigo importé des Indes, galantes selon J.P. Rameau, mais lointaines, donc aux livraisons incertaines.
Toulouse la rose fait son beurre avec le pastel : témoignages architecturaux de ce passé, les hôtels de Bernuy et d’Assézat, construits par de riches négociants.

Cité de l’espace : pause déjeuner mérité et 3ème guide. Comme dans l’émission TV « l’Ile de la tentation », les hommes d’un côté, les femmes de l’autre, chaque groupe dirigé par un guide de sexe opposé.
Notre tentatrice, Céline, sympa, compétente, point final, nous promène à travers le pavillon des expositions qui permet de découvrir la galaxie, puis dans le parc de 3 ha présentant les objets témoins de l’aventure spatiale :
- La capsule Soyouz : vaisseau fiable, à n’emprunter que si l’on sait voyager recroquevillé, les pieds rabattus sur les oreilles.
- La station Mir : beau pavillon de 4 pièces, extensible, cuisine moderne, mais pas de lave-vaisselle, l’équipage comporte toujours à bord une femme qui pèse moins lourd.

Un certain nombre d’expériences dans des domaines très variés y sont réalisées ; notamment celle de faire l’amour. Pour plus d’info, composer 3615 Céline, mais si une telle opportunité se présente à vous, mieux vaut attendre le retour sur terre et aller à l’hôtel, vous éviterez l’arrêt cardiaque.

- Au loin Ariane grandeur nature, pas uniquement son buste.
Nous terminons l’après-midi dans la salle IMAX-3D avec la projection sur écran géant d’un film qui nous propulse à 400km de la terre avec des images prises par les astronautes eux-mêmes.
En soirée, dîner sur la péniche « Garonna » amarrée au pied du Pont Neuf sur le quai de la Daurade.

Jeudi 15 : Rendez-vous au Musée des Augustins : ancien couvent des Ermites de l’ordre mendiant (encore un ! ) de St Augustin, avec son église caractéristique du gothique méridional : nef unique à huit travées, clocher tronqué de forme hexagonale.
Une autre merveille d’art gothique, le cloître aux cent colonnes avec en son centre un jardin potager et médicinal (pas bête l’Augustin, pauvre oui, mais pas malade ! )
Musée donc collections : un alignement de gargouilles descendues des gouttières alentour, une salle de chapiteaux récupérés des cloîtres et églises saccagés, un recoin pour les statues des 18 apôtres (le test : chercher les imposteurs), enfin la maquette de la chapelle de Rieux, édifiée par le très modeste évêque Jean Tissandier pour en faire sa future sépulture.
A l’étage, dans une immense salle lumineuse, les oeuvres des écoles de peinture française, italienne, flamande.

Cathédrale St Etienne ou le charme du disparate. La durée extrêmement longue de sa construction (6 siècles !), l’influence de chaque époque, les rivalités entre école du Midi et du Nord, le manque de picaillons, on agite le tout et on obtient cette cathédrale originale.

Jugez: « une nef romane sur 2 mètres puis gothique méridionale (nef unique) qui n’est pas dans le prolongement de la nef, entreprise à l’autre extrémité du terrain beaucoup plus tard donc avec l’idées de nef centrale et collatéraux. Disons plutôt collatéral car place ne fut laissée que d’un côté, l’autre occupé entre temps par des habitations. Un clocher posé où l’on peut parce qu’il en faut un, des tours prévues mais qui n’ont jamais vu le jour pour des raisons financières déjà évoquées ».
Pari toutefois gagné car cette cathédrale attire les foules (et pas seulement les Retraités).
Restaurant Chez Fazoul : retour de la place St Georges, l’une des plus anciennes de la
ville, par la rue Croix-Baragnon aux maisons typiques et aux nobles demeures 18ème,
jusqu’au restaurant, dernière étape du séjour et le pot de l’amitié.

C’est à cet instant que l’on se rend compte que le séjour est déjà terminé. Trop court, tant
l’accueil de nos deux régionaux et de leur charmante épouse fut chaleureux . Une impression que l’on a tous certainement ressentie (autrefois) à la fin d’un super week-end.

Alors, comme dirait Michel Drucker, Vivement Dimanche prochain !

Raymond Alfonsi