La sortie de l’Amicale des
Retraités HPEC, nous proposait, en ce 23 septembre 04, la visite de l’Hôtel
des Invalides, et plus précisément celle de l’Église Saint-Louis et
du Dôme.
Nota : L’Hôtel des Invalides accueille, lui, un vaste musée
militaire, le Musée des Armées, un des plus fournis au Monde. Il faut
lui consacrer à lui seul -au minimum- une journée.
C’est pour accueillir les soldats
blessés au combat et souvent devenus invalides après avoir combattu
pour la France que Louis XIV décida de fonder l’Hôtel des Invalides.
La dépense devant en être assurée par une retenue sur la solde des
soldats accueillis.
Le vaste terrain en friche alors situé en lisière de la ville et
dénommé « le Pré aux Clercs » fut le lieu choisi. Aujourd’hui
encore, de ce terrain, il subsiste une large étendue de 500 m x 250 m
qui offre une superbe esplanade à cet ensemble.
En 1670, le Roi chargea son Ministre des Armées LOUVOIS de s’en
occuper ; celui-ci confia le projet à l’architecte Libéral BRUANT.
La vaste construction, dont la façade mesure 196 mètres de long,
dessinée comme un couvent monacal, d’aspect tout à fait épuré,
commença en 1671 pour s’achever en 1674. Seules les lucarnes sont
décorées de sculptures ; celles-ci représentent des trophées.
Dès 1674 des blessés invalides y sont accueillis ; il y sera reçu
jusqu’à 4.000 pensionnaires.
● la façade et la cour intérieure
Au centre de la façade, un magnifique portail d’entrée décoré du
monogramme du Roi et surmonté d’un bas-relief représentant la statue
équestre de Louis XIV (il s’agit d’une copie car l’original a
été détruit à la révolution) et encadré de chaque côté, d’une
statue représentant, l’une, la Justice, et l’autre, la Prudence.
Une fois franchi le portail, on pénètre dans la Cour d’honneur,
carrée, formée par les quatre faces des constructions qui s’élèvent
sur deux niveaux d’arcades.
Le long des galeries du premier niveau sont disposés de nombreux
canons, la plupart pris à l’ennemi.
● l’Église St Louis des Invalides
Le pavillon du fond de la cour sert de façade à l’église des
soldats, plus tard dénommée Église Saint-Louis.
Celle-ci fut ajoutée à l’ensemble déjà édifié par un jeune
architecte, Jules HARDOIN, (qui deviendra un peu plus tard, Jules
HARDOIN-MANSART, du nom de son grand oncle MANSART), d’après les
plans de Libéral BRUANT. Son architecture est sobre et lumineuse. La
décoration intérieure n’est constituée que de drapeaux pris à l’ennemi.
Il y en eut jusqu’à 1.500 après les campagnes Napoléoniennes. Mais
la plupart ont été brûlés en 1814.
Sur les superbes Orgues du 17e siècle, a été joué pour la 1ere fois,
en 1837, le célèbre Requiem de Berlioz.
Dans les caveaux et la crypte de cette église reposent des maréchaux
et généraux ayant commandé en chef les troupes devant l’ennemi,
ainsi que des chefs militaires de la période des deux Guerres
Mondiales, ainsi que Rouget de Lisle.
● le Dôme
En 1670, MANSART, propose au Roi de bâtir, de l’autre coté de la nef
de Saint-Louis, une Église qui soit à la mesure et à la dimension de
l’éclat du règne du Roi. C’est l’idée de l’Église du Dôme
qui sera acceptée par le Roi.
En 1677, est commencée la construction de ce chef-d’œuvre
architectural.
Le Dôme est recouvert de 50.000 plaques de plomb + feuilles d’or
Le sol de l’Église est une marqueterie de marbre
Le génie de l’architecte : réaliser deux coupoles superposées avec
des fenêtres cachées afin d’assurer l’éclairage intérieur du
dôme et des peintures.
Aux 4 coins : des piliers cannelés imposants mais allégés par trois
ouvertures dans chacun et accueillant des chapelles qui elles-mêmes
abritent les tombeaux de Foch, Lyeutay et de Joseph et Jérôme
Bonaparte.
C’est VISCONTI qui proposa le baldaquin intérieur en marbre noir/gris
selon le modèle du Vatican.
Cette Église abrite la dépouille de Napoléon qui fut ramenée en
France en 1840 par son fils, le Prince de Joinville, et remise à Louis
Philippe quatre années plus tard. Il fut décidé de la placer aux
Invalides.
Elle a d’abord été placée dans une petite chapelle, à l’entrée,
puis après une concertation d’architectes, c’est encore l’architecte
VISCONTI qui proposa de réaliser cette Nécropole du Dôme en plaçant
le tombeau, en contrebas, dans une excavation pratiquée en aplomb du
Dôme. Ce n’est qu’en 1861 que cela sera réalisé.
Les Invalides ont connu et participé à tous les grands évènements de
la vie du pays à travers les années.
F. Bourgeois |